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Calculateurs de compost

Réussir le bon rapport C:N sans se prendre le chou

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas réussi à faire un bon tas de com­post à chaud (à part le tas de co­peaux frais de la photo). Mon der­nier en date, à base de co­peaux de peu­plier et de dé­jec­tions de pi­geon (ma grange fait pi­geon­nier de­puis plu­sieurs dé­cen­nies et j’avais ré­cu­péré trois brouettes de guano), n’a pas dai­gné chauf­fer. Il n’est ja­mais im­pé­ra­tif que le com­post chauffe, mais quand on est pressé et qu’on veut se dé­bar­ras­ser des pa­tho­gènes et des graines, il est pré­fé­rable de réus­sir le bon rap­port Carbone/Azote (dit rap­port C/N) et le bon ni­veau d’humidité pour que la tem­préa­ture monte à 50–60°C.

Si vous avez des che­vaux, c’est fa­cile : le crot­tin de che­val, c’est di­rec­te­ment le bon rap­port C/N. Il suf­fit de l’entasser, et ça chauffe tout seul. Au XIXe siècle, les ma­raî­chers de la ban­lieue pa­ri­sienne ré­cu­pé­raient des tom­be­reaux de crot­tin de che­val et ils culti­vaient des lé­gumes l’hiver sur couche chaude.

Si on n’a pas de che­vaux mais qu’on a tou­jours ac­cès aux mêmes ma­té­riaux, on peut tâ­ton­ner jusqu’à trou­ver la bonne pro­por­tion de l’un et de l’autre, puis s’y te­nir. Mais si on dé­pend des ar­ri­vages, on rate sou­vent son coup — ça a été mon cas jusqu’à présent.

Je m’en vais aujourd’hui dé­mar­rer un tas de com­post avec un tas d’herbe cou­pée, du fu­mier des bre­bis du voi­sin, des mau­vaises herbes et de la paille. Et j’ai trouvé sur l’internet (an­glo­phone) deux ou­tils qui vont me per­mettre de cal­cu­ler les bonnes pro­por­tions (en gros, com­bien de paille il faut pour ajus­ter le ra­tio C/N à 30).

Deux cal­cu­la­teurs de com­post — comparaison

Le pre­mier cal­cu­la­teur est plus simple et se contente des pro­por­tions C/N des dif­fé­rents ma­té­riaux en masse sèche. Il me donne les pro­por­tions suivantes :

Le deuxième cal­cu­la­teur est bien plus so­phis­ti­qué dans ses cal­culs, mais pas plus dur à uti­li­ser. Il consi­dère non pas le rap­port C/N en masse sèche, mais une no­tion de “car­bone dis­po­nible”. En ef­fet, dans des ma­tei­ruax un peu li­gni­fiés comme la paille et à plus forte rai­son comme les co­peaux de bois, l’esentiel du car­bone est sous forme com­plexe et ne de­vien­dra dis­po­nible pour la vie bac­té­rienne qu’après une lente dé­gra­da­tion par les cham­pi­gnons. C’est peut-ête ce qui ex­plique mon échec avec les co­peaux de peu­plier. Pour que le tas chauffe, c’est la quan­tité de car­bone ra­pi­de­ment dis­po­nible qui im­porte. Voici les pro­por­tions qu’il me suggère :

Il y a comme un souci. Ef­fec­ti­ve­ment, il consi­dère que seul 21% du car­bone dans la paille est dis­po­nible, donc ça mul­ti­plie mé­ca­ni­que­ment par 5 la quan­tité de paille qu’il me fau­drait mettre. Je trouve ça un peu exa­géré. Ap­pa­rem­ment, il consi­dère que l’herbe est fraîche, or la mienne est déjà à moi­tié du foin, donc qua­si­ment déjà à un bon rap­port C/N. De même, je lui ai dit que je pre­nais des dé­chets de lé­gumes alors qu’en fait il s’agit de tout ce que j’arrache au po­ta­ger, avec des plantes pas­sa­ble­ment li­gni­fiées, et déjà un peu sèches — donc le rap­port C/N doit être aussi plus élevé pour eux aussi. Ce qui fait que je peux sim­ple­ment lais­ser la paille et le fu­mier, et ça me donne : 20 brouettes de paille pour 2 brouettes de fumier.

Il me reste à dire que ma paille est res­tée presque six mois de­hors et qu’elle a du déjà se faire un peu bouf­fer par les cham­pi­gnons, et la ha­cher un peu mieux pour qu’il y ait plus de car­bone ac­ces­sible. Et je vais dire qu’en gros, il me faut mettre une di­zaine de brouettes de paille. Je vous don­ne­rai des nou­velles de mon tas de compost.

Et pour la quan­tité d’eau ?

Tous les conseils vous disent qu’il faut prendre une poi­gnée du mé­lange et qu’il ya la bonne quan­tité d’eau quand ça fait comme une éponge bien es­so­rée (en gros, il ne coule que quelques gouttes quand on presse fort entre les doigts). Je ne sais pas vous, mais moi j’aimerais avoir le bon do­sage dès le dé­but, et sans de­voir y plon­ger la main..

Mon truc, c’est de rem­plir une grosse bas­sine d’eau à côté de là où je fais le tas de com­post, et d’y mettre la paille à trem­per par poi­gnées, puis d’égoutter les poi­gnées au-dessus de la bas­sine avant de les mettre sur le tas. Ainsi, mon tas sera hu­mide à coeur. De toute fa­çon, au pire s’il y a trop d’eau, ça va bien s’égoutter vue la quan­tité de paille que j’y au­rai mis.

Rendez-vous le mois pro­chain pour voir si ça a marché.

Com­ment uti­li­ser les calculateurs ?

Les deux cal­cu­la­teurs ont le même prin­cipe. Le pre­mier cal­cu­la­teur vous de­mande de choi­sir une unité. Pre­nez n’importe quelle unité de vo­lume (bu­ckets = seaux), puisqu’au fi­nal on s’intéresse aux pro­por­tions en volume.

En­suite, vous pré­ci­ser pour chaque in­gré­dient le nombre d’unités de vo­lume, et vous ajus­tez au moins l’un des in­gré­dients jusqu’à ce que le rap­port C/N soit entre 25 et 30.

Glos­saire pour les francophones

Si vous vou­lez uti­li­ser ces cal­cu­la­teurs mais que vous ne com­pre­nez pas l’anglais, voici un glos­saire pour cha­cun des deux sites.

Pre­mier site :

Deuxième site :

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